Avant-propos

Livres

Mariage

Mercredi 17 mai 2006 3 17 /05 /2006 17:59

 

Il était une fois un garçon et une fille. Le garçon était fou amoureux de la fille, et la fille le lui rendait bien. Il y eut de nombreuses péripéties que nous vous passeront pudiquement - sachez juste qu'elles incluent des masques vénitiens, des plages de sable fins, des casinos, des coups de soleil, du bonneteau, des "je t'aime" à n'en plus finir, des déplacements incessants, des déménagements, des emménagements, du shopping (pas assez), du sport à la télé (trop), des parents (plein), des amis imaginaires avec des voix un peu bizarres, et surtout beaucoup, beaucoup d'amour. Et l'amour, on sait tous ce que ca donne neuf mois après...



Ca donne envie de passer le restant de ses jours avec l'être aimé, et de le déclarer au monde. De lui offrir la lune, de décrocher les étoiles.



Cela dit, des fleurs et une bague c'est plus facile et c'est romantique quand même.

Par Cookie & Matt - Publié dans : Mariage
Ecrire un commentaire - Voir les 10 commentaires - Recommander
Mercredi 24 mai 2006 3 24 /05 /2006 19:59

Une demande en mariage c'est très bien, mais le gros problème c'est qu'après il faut se marier. Et pour se marier il faut organiser un Mariage. Oui, il faut un M majuscule.

La première étape de tout bon mariage consiste en une bagarre entre les néo-fiancés pour déterminer si Le Plus Beau Jour De Notre Vie (TM) se déroulera chez mademoiselle, à Champigny-sur-Yvette, ou chez monsieur, à Lamotte-en-Doubrie, distant de dix bons kilomètres. Voyons les choses en face, Lamotte n'a aucune chance : c'est toujours la fille qui gagne (c'est d'ailleurs à cet instant précis que le garçon se rend compte qu'il s'est vaguement fait avoir, et qu'il subira cette défaite permanente pour le restant de ses jours).

Le dilemne qui se posait à nous était d'un autre ordre : nous avions le choix entre Montigny-le-Bretonneux, Ile-de-France, France, Europe et Hadeth, Beyrouth, Liban, Moyen-Orient. 2940 kilomètres, au moins les familles ne risquent pas d'avoir des vieilles querelles de voisinages qui empoisonneraient le mariage.

Etant tous les deux des produits relativement réussis d'une éducation rationnelle, nous avons mis de côté nos élans romantiques (non, on peut pas faire ça à mi-chemin, c'est en plein dans la Méditerranée, faudrait louer un paquebot) pour nous lancer dans l'expression ultime de notre cynique civilisation post-moderne : l'étude de marché.

L'idée nous effleura d'organiser deux mariages, l'un en France et l'autre au Liban, mais les cris de douleurs de nos comptes en banque nous arrêtèrent immédiatement. Nous nous rendîmes à l'évidence : il fallait choisir.

Etant gouvernés comme tout le monde par la loi immuable citée ci-dessus, nous avons commencé à regarder du côté du village de Mademoiselle. Au Liban, tout est plutôt moins cher qu'en France, c'était un bon début. Sauf que contrairement à la France, le flirt hors mariage est socialement fortement désapprouvé ; les jeunes gens sont donc relativement pressés de se marier, d'autant plus qu'il faut l'être avant de quitter le domicile parental. Tout cela fait qu'absolument tout le monde se marie, et que donc par l'opération de la Sainte Loi du Marché, tout ce qui est lié au mariage est multiplié par dix. Le prix, le nombre d'invités, la taille, le poids de nourriture par personne, tout.

Après un rapide coup d'oeil à ces admirables statistiques, nous nous décidâmes donc pour notre bonne région parisienne. Nous fûmes finalement convaincus par le fait qu'ainsi nous avions la joie et l'immense privilège d'organiser nous-mêmes notre mariage, alors qu'autrement nous aurions du laisser cet insigne honneur à la famille de Cookie, et franchement c'était moins fun.

Sur place, armés de notre amour, de notre courage et de notre carte bleue Visa (TM), n'ayant pas la moindre idée de ce qu'il fallait faire pour organiser un mariage, perdus, seuls, dans la jungle de la capitale, au milieu des requins prêts à profiter de notre naïveté pour nous extorquer les quelques économies que la sueur de notre front nous avait difficilement procurées, nous avons commencé par ce que tout bon consultant doit faire en pareil cas : engager quelqu'un pour nous aider.

Par Cookie & Matt - Publié dans : Mariage
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Lundi 29 mai 2006 1 29 /05 /2006 20:49
Des nombreux obstacles sur la route des jeunes fiancés, ce ne sont pas les arnaqueurs chafouins, les fonctionnaires tatillons ou les côtes de boeuf périmées qui posent le plus de problèmes. La némésis ultime du Mariage, c'est la Flemme. Oui, il faut un F majuscule.

Trois mois après nos enflammées fiancailles, nous avions donc un lieu précis (l'Ile de France), une date qui ne l'était pas moins (l'an prochain), et une liste d'invités à l'avenant (tous ceux qu'on connaît et qu'on aime bien). Les généralités étant expédiées, il nous restait à rentrer dans les détails. Nous avons mis en route nos méthodes habituelles : Cookie passait des nuits blanches à réfléchir à la couleur du pompon de la chaussure gauche de sa tenue de mariage, tandis que je me disais qu'après tout, un an c'est dans longtemps (un certain nombre de lecteurs de la gente masculine se reconnaitront).

La Flemme nous tenait. Impossible de s'échapper. Partout où nous allions, elle était là avant. Les ténèbres s'épaississaient, l'espoir s'amenuisait, le mariage s'éloignait. Quand soudain, surgie de nulle part, tel un éclair blanc déchirant le ciel, Elle arriva. Notre sauveur, notre guide, notre organisatrice de mariage.

Nous avons découvert au cours des premiers entretiens de nouveaux concepts qui nous étaient relativement étrangers, comme la planification, la recherche méthodique, ou la sérénité. Sandrine, c'est un peu la Sécurité Sociale, mais avec le sourire. Ou la Joconde, mais qui servirait à quelque chose. C'est l'alliance du charme et de l'efficacité, du sens de l'organisation et du sens de l'humour, de la générosité et de la fermeté. J'imagine déjà la rougeur de la dame quand elle lira ces lignes ; je suis donc forcé d'arrêter là l'hagiographie et de finir sur une note un peu plus péjorative : elle est blonde, quand même.

La première phase d'une planification réussie consiste à décider d'une date finale pour le projet, date qui sera de toute manière immanquablement dépassée. Un mariage ayant ceci de particulier que si la préparation est en retard il est difficile de repousser le go-live, Sandrine nous enjoignit (oui ça se dit, j'ai vérifié dans le dico) de choisir une date réaliste, à laquelle les gens seraient disponibles, ayant fini l'école ou le travail, mais n'étant pas encore partis se prélasser sur les plages de Byblos ou de Cagnes-sur-Mer. Nous nous sommes dit que ce serait trop facile, donc nous avons choisi la date que les trois quarts de la planète avait déjà cochée comme date de mariage / baptême / remplissage de grille de loto : le septième jour du beau mois de juillet de l'an de grâce MMVII après la naissance du Christ. Soit dans le langage aseptisé de notre société moderne, le 7/07/07.

Nous nous sommes dit que c'était une très bonne idée. D'ailleurs les trois premières salles que nous avons contactées nous l'ont confirmé : elles étaient déjà réservées.

PS : dans le langage aseptisé de notre société moderne, nous vous lançons une supplique du fond de nos coeurs : allez, soyez cools, lâchez vos coms.
C'est vrai, quoi, les gens ils viennent et puis ils disent pas qu'ils sont viendus. Méssants.
Par Cookie & Matt - Publié dans : Mariage
Ecrire un commentaire - Voir les 5 commentaires - Recommander
Vendredi 2 juin 2006 5 02 /06 /2006 08:22
Prenez un calendrier. Comptez 400 jours à partir d'aujourd'hui (oui ça peut prendre un moment). Cochez la date. Ne prévoyez rien ce jour-là, c'est le jour M, et vous serez invités.
Par Cookie & Matt - Publié dans : Mariage
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Jeudi 8 juin 2006 4 08 /06 /2006 21:35
Après force explications et tirages d'oreilles, Sandrine finit par nous faire comprendre que ce n'était pas en restant assis sur notre derrière à bailler aux corneilles / rêver du plus beau mariage du monde (rayer la mention inutile selon que vous soyiez plutôt Monsieur ou Mademoiselle) que l'on réussirait à avoir quoi que ce soit qui ressemblât vaguement à une réception.
Donc si nous voulions autre chose que la salle polyvalente de la Ferté-Saint-Aubin (qui il faut bien le dire est fort peu commode puisqu'y a l'Lucien à côté qui aime pô trop qu'les bêtes elles soient réveilés par les carabistouilles des Parisiens), il fallait bien se résoudre à partir sur les routes sauvages et inexplorées de l'Ile-de-France, cette lointaine contrée de nos terroirs.
Nous nous sommes donc retrouvés tous les trois dans une voiture de location aux lignes aussi fines et  épurées que celles de Maradona après une cure de désintox. On en était pas fier, mais on passait incognito auprès des autochtones. Premier stop : le château de Courson. Cherchez pas sur une carte, c'est dans une de ces zones blanches que les cartographes nomment pudiquement "forêt" mais que vous et moi savons être des jungles peuplés des pires bêtes sauvages (canards, écureuils voire sangliers, mais pas un seul honnête pigeon) où l'homme n'est pas forcément le bienvenu. Cela dit le château est pas mal.

Oui, je sais, ouahou c'est beau. Sauf que la salle proposée n'est pas là, mais bien...

.. ici. Les écuries.
En fait c'est pas mal, si on oublie les abreuvoirs dans la salle.

Après avoir pris congé de la très sympathique concierge de l'endroit - qui nous a fait faire le tour du parc du château, soit trente-cinq kilomètres de randonnée dans la verdure et les fleurs - nous repartîmes vers le fin fond de l'Essonne rustique et la riante commune de Breux-Jouy.
Breux-Jouy, c'est un peu à Paris ce qu'une rose est à un éléphant : c'est plus petit, plus mignon, ça sent meilleur, mais ça bouge beaucoup moins. Notre étape s'appelait le domaine de la Patulière, une petite maisonnette logée dans un écrin de verdure.

Il s'agit de l'ancienne villa d'un jet-setteur qui l'a convertie en rente à vie en la transformant en salle de mariage.

Tu te maries là-dedans que t'as l'impression de tourner un épisode de Dallas. Piscine, bar, feu d'artifice, terrasse, petit parc... Mais comme dans la série, chaque homme a son prix : 100 euros par personne. Sachant qu'on comptait venir à 200, le propriétaire fut aussi ravi de nous voir arriver que nous fûmes déçus de lui signifier notre refus.
Notre périple était pour le moment certes agréable, mais fâcheusement dépourvu de toute péripétie qui vaille la peine d'être retenue. Nous décidâmes donc de pimenter la chose : nous ignorâmes courageusement les conseils de l'ami Mappy qui nous avait jusque là emmené sans coup férir à bon port, et prirent un raccourci. Ca n'a pas manqué, nous nous sommes perdus.
Par la magie des raccourcis foireux, nous nous sommes donc retrouvés chez mes parents, qui nous expliquèrent obligeamment la signification des hiéroglyphes barbares que nous avions vu sur le bord des chemins de la région : c'était des panneaux indicateurs, et on pouvait arriver à destination en les suivant. Impressionnés par l'ingéniosité des peuplades franciliennes, nous repartîmes donc vers Maison-Lafitte, son hippodrome, ses champs, son château.

Notre dernière visite fut donc celle d'une petite demeure Louis XIV. Si la Patulière était Dallas, alors le château de Maison-Lafitte c'était Star Trek : joli pour l'époque, mais ayant plutôt mal veilli, et surtout intouchable sinon les fans vous tapent dessus.

Nous avons donc décidé de garder le château pour nos noces d'or, quand nous aurons l'âge de vouvoyer nos amis et de sortir des phrases comme "oui ma chère, cette tapisserie irait très bien dans mon living, uh uh uh". En attendant, ils peuvent se le garder leur musée.

Les meilleures choses ont une fin, et cette journée n'échappa pas à la règle : nous retrouvâmes la civilisation au crépuscule, échappant de justesse aux dangers de la vie sauvage nocturne, la tête pleine d'images de mariages somptueux et de chèques avec plein de zéros et notre signature en bas.
Par Cookie & Matt - Publié dans : Mariage
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires - Recommander

Chronologie

Mars 2010
L M M J V S D
1 2 3 4 5 6 7
8 9 10 11 12 13 14
15 16 17 18 19 20 21
22 23 24 25 26 27 28
29 30 31        
<< < > >>

Index

Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus